Travailler à Koh Samui

Marché du Travail à Koh Samui : du Rêve à la Réalité

Depuis plusieurs décennies, l’archipel de Koh Samui (au même titre que la Thaïlande) jouit dans les pays occidentaux d’un vrai pouvoir d’attraction, rehaussé par une crise économique et sociale de plus en plus féroce dans nos contrées. Lassés par un chômage endémique, une pression fiscale sévère, un malaise et une insécurité palpables dont les médias se font les choux gras, de nombreux Francophones ont décidé de franchir le pas et de se rendre dans l’archipel, afin de séjourner là-bas, mais surtout d’y créer son affaire et de travailler !

En effet, séduits par certaines images d’Épinal (économie dynamique, opportunités d’embauche diverses et variées touchant de nombreux secteurs d’activité, qualité de vie remarquable, climat tropical…), ils osent s’aventurer dans un marché du travail qu’ils espèrent prometteur et plein d’avenir.

Seulement, une fois arrivé(e) sur Koh Samui, qu’en est-il vraiment ? Comment fonctionne la législation du travail en Thaïlande ? Quelles sont réellement les chances pour un(e) Francophone de se faire embaucher dans l’archipel ? Devenir son propre patron ou être employé, quels sont les obstacles et les pièges à éviter ?

Voyage à travers une destination où de nombreuses opportunités sont à portée de main à qui sait les saisir, mais qui ne semble pas aussi facile d’accès aux étrangers en matière de travail qu’il en a l’air, malgré les apparences…

Travailler en Thaïlande pour un Etranger, pas si simple…

Définition officielle du «travail» en Thaïlande : «s’engager dans une activité en exerçant une énergie ou en utilisant des connaissances avec un salaire ou autres avantages».

Trouver un emploi à Koh Samui (et en Thaïlande, en général) n’est pas simple, surtout pour un «Farang». De nombreuses professions ne sont pas ouvertes aux étrangers, même très qualifiés (c’est souvent le cas chez les Français). L’«Alien Working Act» («Loi sur l’Emploi des Étrangers») établit chaque année une liste de 39 activités interdites aux expatrié(e)s, parmi lesquelles la médecine, la comptabilité, ou de nombreux métiers artisanaux. Certains secteurs sont aussi difficiles d’accès pour des raisons de fossé culturel, comme les professions juridiques, la communication ou les ressources humaines. Ainsi, un avocat ne sera pas embauché comme avocat, mais comme Expert Marketing, par exemple, et un Architecte seulement comme Responsable de Cabinet.

Autre problème, les Francophones doivent faire face à une concurrence rude : Occidentaux et Asiatiques se bousculent dans ce marché porteur, mais qui reste néanmoins très protectionniste.

Dernier point, et non des moindres : le salaire. En Thaïlande, au niveau du recrutement des étrangers, et plus particulièrement des jeunes diplômés, il y a l’obligation pour l’employeur de rémunérer le salarié étranger un minimum de 50.000 bahts par mois (un peu plus de 1.000 euros). Cette rémunération correspond sur le marché local à des profils thaïs pouvant occuper certains postes de management. A titre de comparaison, un jeune diplômé (bac+5) thaï sera embauché à environ 20.000 bahts, la rémunération moyenne d’une secrétaire est de 15.000 bahts… L’écart de rémunération entre un Occidental et un Thaïlandais est donc énorme, d’où souvent un choix cornélien pour une entreprise thaïlandaise à capacité modeste.

Liste des Métiers interdits aux Étrangers

Certains secteurs d’activités sont interdits aux étrangers pour les raisons suivantes :

* Éviter les conflits avec le peuple thaïlandais
* Éviter une trop grande concurrence
* Préserver les coutumes et les traditions

39 emplois prohibés aux “Farangs”

– Architecte
– Chapelier
– Coiffeur ou esthéticien
– Conduite de véhicules à moteur (sauf aviation)
– Comptable
– Couture ou tissage
– Courtage
– Cordonnier
– Dessins sur soie
– Fabrication d’instruments de musique thaïs
– Fabrication de produit en soie fait main
– Fabrication de couteaux
– Fabrication de parapluies en tissu ou en papier
– Fabrication de poupées thaïes
– Guide
– Maçonnerie, charpenterie ou autres métiers du bâtiment
– Manufacture de cigarettes
– Potier en céramique
– Réalisation de bouddhas
– Sculpture sur bois – Secrétariat
– Tapissier ou matelassier
– Travail manuel
– Travail dans l’agriculture, la pêche ou la sylviculture
– Travail sur bijoux
– Travail sur paille, bambou ou roseau
– Vente aux enchères
– Vendeur des rues
– Vendeur en magasin

Attention ! Ces activités ne sont pas interdites pour les étrangers qui ont acquis la nationalité thaïe ou qui sont résidents permanents.

Chômage et Salaire Minimum

A savoir : Depuis le début de l’année 2017, le taux de chômage en Thaïlande oscille entre 1,1 et 1,3% de la population active (soit le deuxième taux de chômage le plus bas au monde après le Qatar). La durée légale de travail est de 48 heures par semaine, soient 5 à 6 jours par semaine selon l’entreprise ou le commerce. Il n’existe d’âge légal de départ à la retraite que pour les fonctionnaires qui en bénéficient à 60 ans. La loi encadre le Contrat de Travail, la négociation individuelle et les conventions collectives la complètent.

Depuis janvier 2013, le salaire minimum s’élève à 300 bahts par jour (environ 7 euros). Le salaire brut mensuel moyen en Thaïlande est actuellement de 9.000 bahts (environ 184 euros) en théorie. Depuis le 1er avril, le pays a mis en place, dans les sept provinces les plus riches du Royaume (dont l’archipel de Koh Samui), une hausse de 40% du salaire minimum (l’objectif étant de doper la consommation locale pour s’assurer une base de croissance alors que les marchés occidentaux n’arrivent pas à sortir de la crise). Les contributions sociales payées par l’employeur se montent à 5%, au même titre que celles payées par l’employé.

Enfin, le Code du Travail thaï prescrit 6 jours de congés annuel par an, plus 13 jours fériés (pour les administrations, notamment), mais la négociation est un art dans le Royaume de Siam qui se pratique, également, sur le marché du travail. Contrat à durée déterminée (sans indemnités de départ) ou indéterminée, salaires, calcul des bonus, congés payés, nombre de jours travaillés, tout se négocie !

50.000 bahts (environ 1.190 euros) est le salaire théorique que doit déclarer un étranger travaillant dans le Pays du Sourire. Les taxes mensuelles, payées par le travailleur, sont indexées sur ce montant, même si une grande partie des expatriés ne gagnent pas ce salaire. Quoiqu’il en soit, que l’on gagne moins ou plus, c’est ce montant là qui sera déclaré aux impôts thaïs. Enfin, bonne nouvelle pour tous les «Farangs» qui sont à la tête d’une entreprise ou d’un commerce implantés en Thaïlande, le taux d’imposition pour les sociétés se montent à 20%.

Comment faire de l’Argent sur Koh Samui ?

«Si tu veux être millionnaire en Thaïlande, apporte des milliards»

Tout est résumé dans cette phrase. En effet, si vous venez dans l’archipel (et en Thaïlande) avec l’intention de devenir riche, sachez que vous risquez d’être déçu(e). On fait rarement fortune dans cette partie du globe, à moins d’investir beaucoup d’argent et d’être bien entouré(e). En retour, vous vivrez une existence très agréable et jouirez d’une qualité de vie remarquable (dont beaucoup de gens rêvent), tout en profitant des avantages culturels d’être un(e) expatrié(e) en terre étrangère.

Malgré tout, il est possible de gagner de l’argent ici, surtout, si on s’en donne les moyens. Il suffit de construire un projet viable sur un marché de niche qui ne soit pas encore saturé. Les perspectives de développement existent, mais il faut savoir évoluer en dehors des sentiers battus.

Quelques pistes d’orientation d’emplois et commerces les plus populaires dans l’archipel de Koh Samui…

  • Agence de Voyage

Beaucoup de “Farangs”, désireux de monter leur propre affaire à Koh Samui, se lancent dans la commercialisation d’excursions et visites guidées pour dégager des revenus. Aidés par une équipe de guides thaïlandais bilingues (thaï / anglais), ces entrepreneurs proposent des prestations thématiques allant de la balade familiale à dos d’éléphants au parcours nature en pleine jungle, en passant par la découverte de l’île en Scooter, en Quad ou en 4X4… L’obtention d’une licence de voyage est obligatoire pour ce genre d’activité. A noter que l’écotourisme et le tourisme équitable sont en plein développement dans le Pays du Sourire et peuvent offrir de belles opportunités en termes de marchés de niche.

  • Bar

Beaucoup d’Occidentaux des 4 coins de la planète continuent d’investir dans l’ouverture d’un bar dans les quartiers chauds ou commerçants des principaux quartiers de Koh Samui. Ces bars, et plus spécialement les bars à filles, sont des entreprises, généralement, de petite taille, très difficiles à rentabiliser et baignant dans un univers où la corruption est reine. Chers à l’achat comme à la location, ils sont tous situés au même endroit ce qui rend la clientèle difficile à attirer et impossible à fidéliser (notamment en basse saison). Pour rencontrer le succès dans ce type d’aventure, il faut faire preuve d’un grand professionnalisme et d’une excellente gestion des contacts humains. Les «Farangs» qui optent pour ce type d’affaire finissent bien souvent ruinés et/ou alcooliques. Seuls ceux qui possèdent plusieurs établissements de ce genre peuvent espérer gagner raisonnablement bien leur vie.

  • Cours d’Anglais et de Français

C’est l’une des méthodes les plus simples et les plus populaires pour se faire de l’argent en Thaïlande, surtout pour les anglophones. L’anglais est la deuxième langue après le thaï dans le Royaume. Il suffit d’avoir une bonne maîtrise de la langue (ou du français). Les écoles (étrangères et Francophones) et Centres de langue basés sur l’archipel recherchent des professeurs (avec une certaine expérience de l’enseignement), malgré une concurrence très féroce parmi les expatriés.

  • Ecole de Cuisine

De plus en plus d’étrangers surfent sur la vague des métiers de bouche, et évidemment, les cours de cuisine tiennent le haut du panier dans l’archipel. Les “Cooking Classes” connaissent, en effet, depuis quelque temps, un vrai succès parmi les touristes et expatriés étrangers, attirant une vaste clientèle qui regroupe tous les âges et niveaux sociaux. Les “Farangs” se passionnent de plus en plus pour la cuisine locale (avec raison..). Ils adorent confectionner eux-mêmes leurs propres plats, mais aussi se promener à travers les marchés typiques à la rencontre des locaux, afin de s’imprégner de l’atmosphère de ces lieux incroyables et partir à la découverte de nouvelles saveurs, odeurs et ingrédients, inconnus dans leurs pays d’origine. Apprendre en s’amusant, voilà le secret de la réussite de ces Ecoles de Cuisine.

  • «E-Commerce»

Internet peut être une bonne solution pour gagner de l’argent dans l’archipel sans déployer des moyens logistiques exceptionnels. Si vous ne souhaitez pas vendre vos propres produits, il existe bon nombre de sites proposant des systèmes d’affiliation rémunérés à la commission qui vous permettront de gérer votre petite affaire en ne vous souciant que du Marketing. Néanmoins, entreprendre sur le Net demande un certain nombre de connaissances en matière d’informatique et de référencement. De plus, si votre boutique en ligne n’est pas déclarée et ne bénéficie pas d’une structure juridique thaïlandaise, vous ne pourrez pas profiter des avantages d’un Visa «B» (Business – Travail) et vous serez alors contraint(e) de jongler entre Visas touristiques et exemptions de Visa pour rester sur le sol siamois. A moins que vous optiez pour le Visa «ED» (Etudiant)…

  • Hébergement Touristique

L’hébergement touristique peut s’avérer intéressant si le lieu d’implantation est bien choisi. Acheter un hôtel ou une Guesthouse est souvent un investissement lourd et coûteux et peut être incertain (surtout, dans un secteur aussi compétitif que celui-là). Rentabiliser le bien dans un délai raisonnable peut s’avérer difficile. Mais encore une fois, si l’on choisit bien la zone dans lequel réside l’hôtel et avec une bonne gestion à la clef, la réussite peut arriver assez vite. Néanmoins, une solide expérience en la matière est fortement recommandée dans les zones à forte concurrence.

  • Immobilier

Même si ce secteur semble un peu moins dynamique depuis que les lois régissant l’accès à la propriété terrienne pour les entreprises étrangères se sont considérablement durcies et que la crise économique mondiale a éclaté, les agences immobilières étrangères continuent de fleurir un peu partout dans l’archipel de Koh Samui. Une nouvelle clientèle venue de Russie et des pays asiatiques, notamment de Chine, est en train de redynamiser cette activité. La profession d’agent rémunéré à la commission sur les ventes aux particuliers reste encore un créneau porteur si l’on dispose d’une solide expérience en la matière et d’un bon portefeuille en matière d’hébergement. Reste à trouver les clients…

  • Import/Export

En exportant des produits thaïlandais vers l’Europe ou en important des produits européens en Thaïlande, il vous est possible de mettre sur pied une petite affaire qui pourrait bien vous rapport des montants conséquents. Toutefois, prudence ! L’amateurisme n’a pas sa place dans le commerce international et tout projet devra être pensé avec beaucoup de soin afin d’assurer la rentabilité et le respect de l’ensemble des législations régissant la circulation des marchandises commerciales entre les différents espaces économiques (formalités de douanes, normes diverses…). Ce n’est qu’à ce prix que vous pourrez gagner de l’argent ici dans ce domaine d’activité.

  • Informatique et Internet

Avec la démocratisation de l’informatique en Thaïlande ce secteur, lié à l’explosion de la bulle Internet, a encore de beaux jours devant lui. Mise en place de sites vitrine pour professionnels du tourisme (restaurants, hôtels, bars, agences de voyage…), «Web design», dépannage informatique ou encore applications mobiles : les besoins sont très importants dans l’archipel et la plupart des entrepreneurs créatifs ont largement de quoi se développer.

  • Interprète dans les Hôpitaux

Les établissements hospitaliers privés thaïlandais (notamment, “Bangkok Hospital”) recherchent souvent des interprètes étrangers pour accueillir, informer et épauler la clientèle internationale dans les démarches administratives en cas de séjours hospitaliers, d’intervention chirurgicales ou de visites chez un spécialiste afin d’être couverte par leur assurance d’origine. Le salaire est, généralement, intéressant et il y a nombre d’avantages en sus… Là encore, la compétition est rude entre expatriés, mais qui ne tente rien n’a rien.

  • Location de Vacances

Autre activité immobilière assez porteuse, actuellement : les Locations de Vacances. De plus en plus de «Farangs» achètent un terrain et font bâtir dessus une ou plusieurs maisons, puis les louent pour des séjours plus ou moins longs. Ce type de business est très populaire parmi les expatriés. Cela nécessite, évidemment, une mise de fond, au départ, assez conséquente, mais permet souvent, une rente régulière non négligeable, avec aussi un gros travail de communication et d’entretien à la clef. Pour ces raisons, certains étrangers préfèrent souvent construire, pour revendre aussitôt, et empocher par la même une belle plus-value. Un conseil : bien choisir le lieu et prendre le temps de la réflexion. Attention aussi au risque de saturation dans l’île, à terme…

  • Métiers de Bouche

Cuisinier, pâtissier, boulanger, fromager, boucher, traiteur, chocolatier… Tous ces métiers de bouche qui font la fierté de la France et dans lesquels nous brillons par notre savoir faire, notre expérience et notre culture du bien manger. Ces “niches” sont autant d’opportunités de travail pour Koh Samui, une île où résident de nombreux expatriés francophones et étrangers, mais aussi des locaux pour qui ces produits “exotiques” sont autant de merveilles à découvrir. Attention, là aussi, l’emplacement du commerce, la qualité et la fraîcheur des produits, les prix proposés, mais aussi une gestion au couteau du personnel et des dépenses… seront les garants d’une vraie réussite, sachant que dans ces secteurs, les places sont chères et âprement défendues…

  • Restauration

Beaucoup d’expatrié(e)s investissent dans ce domaine d’activité, pensant que c’est la façon la plus simple de gagner de l’argent et d’avoir un retour rapide sur investissement. L’expérience a montré qu’il n’y a pas de place pour les amateurs dans cette profession, les investissements sont importants et les bénéfices difficiles à réaliser. Toutefois, les perspectives de développement sont bien plus intéressantes que celles d’un bar si le restaurateur fait preuve de talent tant en cuisine que dans la gestion de son entreprise. Pareil pour une plage.

Source : Kohlidays

4 réponses
  1. Olivier Deblinde
    Olivier Deblinde dit :

    Une erreur importante est à corriger.
    Vous parlez d’un pourcentage de deux pour cent du coût du travail (social security) pour le travailleur et l’employeur.
    le taux est de 5 pour cent pour chaque, donc 10 pc.

    Répondre
  2. Edith caboni
    Edith caboni dit :

    Bonjour, on parle de Metier Manuel mais un mécanicien auto pourrait il travailler dans un garage ou créer son entreprise ?? Ce Metier est il considéré comme interdit ?
    Merci pour vos réponses

    Répondre
    • Pierre Pampini
      Pierre Pampini dit :

      Bonjour Edith, merci pour votre message. Il existe de nombreux garages sur l’île. Normalement, ce métier est interdit pour un étranger. Celui-ci ne peut pas travailler dans un garage, du fait qu’un Thaïlandais peut le faire sans problème. Il peut réparer des véhicules, mais chez lui, de manière privée.

      Répondre

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

© 2017 Copyright - Jadea Co., td. Samui | website handcrafted with by Jadea-samui.com
152 Partages
Partagez152
+1
Tweetez
Partagez