Durian : Mi Fruit Mi Fromage

Impossible de parler de Koh Samui (et de la Thaïlande), sans évoquer le fruit emblématique du Royaume de Siam : le Durian (ou durion). Quasi inconnu des Occidentaux, il est, sans contexte, l’une des plus grandes richesses du pays. Il suffit de voir le sourire radieux des Thaïs, lorsqu’ils aperçoivent un arbre portant en son sein des dizaines de Durians accrochés à ses branches. Pour eux, cette merveille de la nature n’est pas seulement un met délicat et délicieux, il est surtout une source de profit phénoménale, qui se comptabilise en millions de bahts. Il faut savoir que la Thaïlande est l’un des premiers exportateurs de Durian au monde, notamment en direction de l’Asie du Sud-Est (Chine, Japon, Vietnam, Malaisie, Singapour, Taïwan…), où ce produit est extrêmement apprécié.

Pour commencer, le Durian est un gros fruit de forme oblongue (plus longue que large), vert à l’extérieur et jaune pâle à l’intérieur, recouvert d’épines très pointues, pouvant atteindre jusqu’à 7 kg et 40 cm de longueur.

Mais ses grandes particularités demeurent son goût et la très forte odeur qu’il dégage ! Pour décrire son arôme et sa saveur, on parle de crème au fromage, de sauce à l’oignon, mais aussi d’ail, d’excréments de porc, de vieille chaussette, d’égouts, de vomi, de boules puantes, d’œufs pourris, voire même de cadavre en décomposition… Tout un programme.

Un Fruit adoré par les Thaïlandais (et les Asiatiques)

En Asie du Sud-Est, il est interdit dans les aéroports, mais aussi à l’entrée de la plupart des hôtels, transports en commun et autres lieux publics. Sa puanteur est souvent tenace, grasse et complexe. La première fois que l’on passe à proximité d’un Durian, on ne comprend pas tout de suite ce qui se passe. L’air est chargé d’effluves épaisses et douceâtres qu’il est difficile, à première vue, d’associer au fruit. Certains Thaïlandais adorent, cependant, cette odeur, mais à la longue, tout le monde reconnaît que l’air est si nauséabond que cela en devient insoutenable et irrespirable. L’odeur est tellement résistante qu’elle peut imprégner une pièce durant plusieurs jours. Bref, on a beau faire, on ne s’y habitue pas !

Vient, ensuite, le goût… S’il fallait imager, on pourrait aisément dire que l’on mange cette odeur. Sa chair est l’expression solide de cette puanteur : doucereuse, épaisse, crémeuse et opiniâtre. Une seule bouchée et on a aussitôt des regrets. Le goût, déjà puissant, est suivi par un arrière-goût qui l’est encore plus. Et qui reste. Toujours. Il ne s’estompe pas, mais alors, pas du tout ! On a beau manger ce que l’on veut par-dessus, pour dissimuler les restes du Durian, on obtiendra qu’un mélange abominable entre ce que l’on ingurgite et l’arrière-goût du fruit qui refuse de céder la place. Pire : lorsque l’on croit enfin en être débarrassé, (notamment, après un brossage intensif des dents), le Durian a tendance vous rappeler à son bon souvenir. En effet, celui-ci ne se digère pas facilement. Beaucoup de “Farangs” (étrangers) qui s’y sont essayés, et qui ont réussi le défi d’en manger plus d’un morceau, on souvent été malades (maux de ventre, renvois intempestifs, nausées…).

Malgré tout cela, en Thaïlande, on ADORE le Durian ! Ici, on l’appelle même le «Roi des Fruits». Et à y regarder de plus près, c’est vrai qu’il en impose : sa peau est très graphique, hérissée de piquants d’un jaune-vert éteint, sa taille est souvent considérable et sa forme, pour le moins design. Avec cette armure impressionnante, on comprend mieux cette idée de souveraineté sur le royaume des fruits. Et comme il sent plus fort que tous les autres réunis, on peut effectivement s’accorder sur cette idée de supériorité de sa part.

Une chaire très calorique

De plus, le Durian possède une consistance unique, déroutante pour les novices. Sous cette carapace, on trouve des quartiers de pulpe jaune pâle. Celle-ci est dense, sans jus, et sa texture crémeuse rappelle l’avocat. On sent immédiatement que chaque bouchée sera fort nourrissante. Les Thaïlandais apprécient cette richesse, mais aussi sa beauté, sa texture, et la complexité de ses arômes. Beaucoup de locaux disent que le Durian donne des forces,  «permettant d’accomplir de grandes choses» et que de petites quantités de sa chair «savoureuse» suffisent pour redynamiser tout en douceur un métabolisme fatigué. Ce serait pour sa richesse en minéraux (et, évidemment, pour son odeur caractéristique) qu’il a été surnommé «arbre à fromage». Certains, lui trouvent des pouvoirs rajeunissants et lui vouent même des vertus aphrodisiaques…

A Koh Samui, 2 récoltes par an

A Koh Samui, il y a, généralement, 2 récoltes par an : Août/Septembre et Décembre/Janvier. Pendant ces saisons, les marchés de l’île regorgent de ces fruits, mais les locaux le vendent aussi devant leurs habitations. Les tarifs varient entre 30 / 40 bahts le kilo. En Thaïlande, les prix peuvent varier entre 100 bahts et 1,000 bahts le kilo selon le type de Durian, la saison et la quantité produite. Cependant, à l’exportation, les tarifs s’envolent et oscillent entre 6,50 euro et 9,50 euro le kilo. On comprend mieux pourquoi le Royaume réserve un tel culte à ce fruit. A Koh Samui, vous trouverez les principales plantations de Durian à Lipa Noi et Taling Ngam, dans les hauteurs, étendues sur des hectares, amoureusement surveillées par une brigade d’hommes et de femmes (provenant, pour la plupart, du Cambodge), résidant à proximité des cultures dans des cahutes en bois.

En 2012, pour la première fois de son histoire, la Thaïlande a exporté pour plus de 200 millions de dollars de Durians frais et congelés, soit une hausse de 29% par rapport à 2011. Le Royaume de Siam est connu et reconnu mondialement pour la qualité et la fraîcheur exceptionnelles de sa production. Cependant, malgré ces très bons résultats, une inquiétude subsiste : le pays est inquiet devant l’attitude de certains producteurs locaux qui n’hésitent pas à vendre leurs récoltes avant que celles-ci ne soient à maturation. A terme, les fruits sont impropres à la consommation et ont tendance à s’abîmer. Le problème est d’autant plus sérieux que ce phénomène peut nuire à la réputation du pays, et favoriser les autres grands producteurs que sont la Malaisie et l’Indonésie à écorner sa suprématie dans un marché très agressif. Bien que le Durian ne soit pas originaire du pays (il est natif d’Indonésie, de Malaisie et de Brunei), la Thaïlande est le principal producteur du fruit avec plus avec 781,000 tonnes par an, et arrive en tête des exportations avec 111 000 tonnes par an. Ces dernières années, de nouveaux marchés ont ouvert leurs portes et se révèlent très porteurs : l’Australie, les USA, le Pakistan ou les Pays-Bas.

Un aliment qui vaut de l’Or

Chaque année, plusieurs personnes, à travers le pays, meurent, suite à une consommation excessive de Durian ! Effectivement, il est fortement déconseillé aux gens souffrant d’hypertension d’en consommer. Et aussi aux femmes enceintes. Mais le véritable cocktail Molotov, reste le Durian associé à l’alcool, du fait de sa haute teneur en soufre, qui est capable d’inhiber l’enzyme ALDH (la principale défense de notre foie contre les sous-produits toxiques de l’alcool). Le Durian est extrêmement riche en sucre et très gras. C’est l’un des fruits les plus caloriques, presque autant que l’avocat, près de 2 fois plus que les olives. Une véritable bombe à retardement pour l’estomac ! Aussi, il est plutôt conseillé de boire du soda pour faciliter la digestion du fruit. Par ailleurs, il est d’usage de remplir une coque vide de Durian avec de l’eau, d’y ajouter un peu de sel et de boire le tout. Cela permettrait d’apaiser la «chaleur» apportée par ce fruit.

Les produits dérivés sont nombreux : on trouve des gâteaux, des bonbons, des mousses, du pudding, des crêpes, des crèmes glacées, des milk-shakes aromatisés, des smoothies, des chips et même du dentifrice au Durian. On confectionne aussi des blocs de pâte de fruit, vendu sur les marchés, débités en tranches, que les amateurs croquent en guise de friandises. Afin de prolonger la conservation du Durian et d’en avoir à disposition tout au long de l’année, les fabricants proposent des conserves sucrées et salées, le fruit séché ou encore du sirop.

C’est parce qu’il est à la fois étrange et indescriptible que le Durian reste si unique et précieux. Sa singularité demeure sans aucun doute sa principale qualité. Il ne ressemble à rien, visuellement, gustativement et olfactivement parlant. Avec, en plus, un soupçon de danger… Goûter ce fruit devient alors une véritable aventure. Dès lors, il devient impératif de l’essayer, ne serait-ce que pour ne jamais oublier ce moment.

Source : Kohlidays

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