“Luk Krueng”, les “Enfants-Moitié”

Avec l’arrivée des étrangers en Thaïlande (et sur l’archipel de Koh Samui), le phénomène des “Luk Krueng” s’est répandu dans tout le Royaume, jusqu’à devenir incontournable et très populaire parmi les jeunes, notamment. Les raisons en sont multiples, ces enfants issus de mariages mixtes représentent le nouveau visage d’un pays en plein bouleversement économique et social, qui se veut de plus en plus ouvert sur le monde extérieur, tout en restant fermement attaché à ses racines.

DEFINITION DE “LUK KRUENG”

L’expression “Luk Krueng” en thaïlandais signifie “Enfant-Moitié”, et désigne les enfants de couples mixtes : la maman étant thaïlandaise et le papa occidental dans la majorité des cas.

Si avant les dernières décennies du XXe siècle, les mariages interraciaux étaient, généralement, limités à de petits groupes de personnes, le nombre de ces enfants métis s’est considérablement accru à l’époque de la guerre du Vietnam, lorsque le Sud de la Thaïlande servait de base arrière aux “B-52” américains et au repos des soldats.

A cette époque, les “Luk Krueng” (également, orthographié “Luk Kreung” et “Luuk Kreung”) n’étaient pas bien considérés, d’autant plus qu’ils étaient souvent le fruit de relations épisodiques ou tarifées. Dès lors, il existait souvent une stigmatisation sociale liée à ces enfants.

Passées les années 70 et 80, la Thaïlande a peu à peu réinventé le mythe des “Luk Krueng” et se l’est réapproprié en tant que représentants d’une forme réactualisée de “Thainess” (création d’une identité nationale thaïlandaise moderne), absorbée par l’influence de la puissante culture occidentale. Dès lors, la fascination des Thaïlandais pour les “Luk Kreung” n’a fait que s’intensifier au fil des décennies. Ils sont, aujourd’hui, considérés comme plus cosmopolites, globalisés et actuels que leurs contemporains thaïlandais.

DES ENFANTS FACILEMENT RECONNAISSABLES

Sur l’archipel de Koh Samui, comme partout ailleurs dans le Royaume, très vite, avec l’afflux des touristes et des expatriés, le phénomène des “Luk Krueng” s’est amplifié et s’est généralisé. Les homme thaïlandais ayant la réputation d’être plutôt volages et frivoles, les femmes se sont résolument tournées vers les “Farangs” (les étrangers de race blanche), considérés comme plus sérieux et plus responsables, sans oublier, évidemment, l’aspect financier, critère important pour toute femme thaïlandaise, notamment, pour ce qui est de l’éducation des enfants. C’est ainsi que les “Luk Krueng” sont devenus une population croissante et remarquée à Koh Samui (et en Thaïlande).

Les “Luk Krueng” sont facilement identifiables : plus grands que la moyenne, ils ont souvent les yeux clairs, un physique moins typé et la peau plus blanche. Cette obsession de la blancheur de la peau chez les Thaïlandais (synonyme de beauté, de réussite et de richesse) font qu’ils rencontrent un grand succès, tant les garçons que les filles, notamment, parmi la culture adolescente.

De nos jours, les jeunes Thaïs s’évertuent à leur ressembler : combien d’entre eux aiment à se teindre les cheveux en brun, appliquer des crèmes pour blanchir la peau, porter de lentilles de contact…

En outre, les “Luk Krueng” fréquentent souvent des écoles internationales et s’expriment aussi bien en thaïlandais qu’en anglais (ou dans une autre langue étrangère issue du père ou de la mère “Farang”), ce qui leur confère, semble-t-il, plus d’assurance et un statut particulier aux yeux de la jeunesse thaïe.

Mais surtout, la notion du Look “pas trop occidental, pas trop asiatique” encadre une forme de beauté qui se veut rassurante pour les Thaïs dans le sens où il modélise notre monde actuel qui s’uniformise de plus en plus.

Source : Kohlidays

UN PHYSIQUE QUI RALLIE L’ASIE ET L’OCCIDENT

Les “Luk Krueng” sont omniprésents dans le monde du Show-Business, du cinéma, des médias ou encore de la publicité, où leurs traits caucasiens se révèlent d’immenses atouts. La Thaïlande est le seul pays du Sud-Est asiatique à n’avoir jamais été colonisé et à ne pas avoir été en guerre contre des pays occidentaux, à l’inverse de nombre de ses voisins. C’est une raison qui explique aussi en partie l’accueil réservé aux “Farangs” (étrangers”).

Par contre, les “Luk Krueng” sont beaucoup moins bien considérés dans d’autres pays d’Asie, comme le Vietnam (où ils sont clairement perçus, encore aujourd’hui, comme le résultat d’unions contre nature et déshonorantes).

La plus influente communauté “Luk Krueng” à Koh Samui (et en Thaïlande) est beaucoup moins visible : il s’agit des sino-thaï, à savoir les Thaïlandais d’origine chinoise. Beaucoup plus discrets par nature, mais surtout difficilement identifiables physiquement, ils sont, néanmoins, très puissants. Ils contrôlent environ 80% du business dans le Royaume, alors qu’ils ne représentent que 10% de la population du pays.

Les “Luk Krueng” ont encore de beaux jours devant eux dans le Royaume, du fait même de la culture de ce pays et de sa capacité à embrasser ces mélanges.

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