“Sak Yant”, l’Art du Tatouage Sacré

Tradition millénaire dans le Royaume de Siam, le “Sak Yant”, tatouage sacré, est présumé apporter force et protection (mais aussi richesse, prospérité, santé, charme..). Par le passé, il était réservé exclusivement aux guerriers. Par la suite, ils s’est démocratisé et s’est répandu dans toute la société thaïe. De nos jours, il est devenu très populaire parmi les voyageurs étrangers, et notamment, tous celles et ceux qui séjournent dans l’archipel de Koh Samui.

Un effet de mode (pour la plupart d’entre eux) que certains locaux voient d’un mauvais œil. En effet, le “Sak Yant” n’est pas qu’un simple tatouage, il est empreint de rituel et de magie et doit être exécuté selon des règles bien précises. Pour ce peuple très spirituel et particulièrement superstitieux, il est le garant d’une vie meilleure et une défense contre le “mauvais œil”.

Ces tatouages sont piqués avec une baguette en acier, une main dirige l’aiguille, et l’autre effectue des pressions pénétrant la peau deux à trois fois par seconde.

EFFECTUÉ SELON UN RITUEL BIEN PRÉCIS

Tatouage extrêmement populaire parmi la population thaïlandaise, le “Sak Yant” consiste dans l’art de tatouer des litanies ou des invocations sacrées sur le corps. Les termes “Sak” et “Yant” signifient respectivement “tatouer” et “prières sacrées”, et s’emploient pour désigner un tatouage rédigé en Sanskrit et dont la forme rappelle celle d’une pyramide. Si ce tatouage recouvre autant d’importance pour le peuple thaï, c’est parce qu’on lui attribue des vertus magiques et protectrices qui sont censées apporter force, chance et pouvoirs surnaturels à leur porteur.

Pour qu’un tatouage “Sak Yant” soit authentique, il doit être exécuté selon un rituel bien précis et être réalisé exclusivement par un moine bouddhiste ou un prêtre brahmane. Cependant, certaines rumeurs indiquent que des ermites des montagnes du Nord de la Thaïlande seraient également capables de réaliser cette forme de tatouage dans les règles de l’art, tout en les chargeant de pouvoirs magiques protecteurs. Afin que cette protection soit effective, chants et prières doivent accompagner la séance de tatouage.

Le placement du “Sak Yant” sur le corps est très important : au plus il sera placé près de la tête (là où réside l’âme) au plus il aura de pouvoir. L’encre joue, également, un rôle très important : elle doit être bénite (certains rajoutent même les reliques (os) broyés d’un ancien moine vénéré pour augmenter les pouvoirs du tatouage).

GRANDS MAÎTRES TATOUEURS

A l’origine, les “Sak Yant” étaient réalisés dans les Wats bouddhistes, les moines se faisant tatouer des textes religieux par de grands maîtres en guise de protection. Ils employaient des aiguilles de bambou traditionnelles, ce qui occasionnait une douleur bien supérieure à celle d’un tatouage réalisé à l’aide d’une machine moderne. Le moine tatoué rentrait en transe durant la réalisation du “Sak Yant” et ne ressentait aucune souffrance. Au fil du temps, de nombreux soldats thaïs ont visité ces temples afin de se faire tatouer différents motifs ayant le pouvoir de protection, invisibilité et force.

Les premiers “Sak Yant” ont été réalisés dans les temples Bouddhistes, les moines se faisaient tatouer des textes religieux par de grands maîtres en guise de protection. Au fil du temps, de nombreux soldats ont visités ces temples afin de se faire tatouer différents motifs ayant le pouvoir de protection, invisibilité et force (une légende Thaïe raconte que la Thaïlande n’a jamais été occupée car les soldats sont des “guerriers fantômes” impossibles à voir ou à tuer grâce à leur tatouage de protection). Afin que cette protection soit effective, chants et prières doivent accompagner la séance de tatouage.

DES VERTUS MAGIQUES

Dans le tatouage “Sak Yant”, chaque symbole est placé à une position bien précise selon les règles d’un schéma global complexe qui assure les propriétés magiques du tatouage. Une seule faute et c’est l’ensemble du rituel qui tombe à l’eau. Beaucoup de voyageurs étrangers qui séjournent en Thaïlande sont souvent surpris par le nombre de croyances et de rituels auxquels s’adonnent régulièrement les habitants de ce pays. Encore une fois, c’est mal connaître leur culture qui a toujours accordé une grande place aux pouvoirs spirituels et à la magie. Il n’est donc pas étonnant de voir certains talismans, dont le “Sak Yant”, revêtir autant d’importance à leurs yeux.

Une fois le travail terminé, le tatoué sera dans l’obligation d’observer un certain nombre de règles imposées par le tatoueur, afin de disposer d’un tatouage “Sak Yant” à la magie efficiente. Évidemment, cette tradition emblématique du Royaume ne pouvait que séduire les très nombreux touristes venus séjourner dans le pays, et qui apprécient à la fois l’aspect esthétique, mais aussi le côté mystique du tatouage “Sak Yant”. D’ailleurs, à ce sujet, les Thaïs adorent raconter toutes sortes d’histoires extraordinaires prouvant les vertus protectrices de leurs tatouages porte-bonheur.

TATOUAGES DE BOUDDHA : INTERDICTION EN VUE ?

Aux dernière nouvelles, le Royaume de Siam chercherait à interdire les tatouages bouddhistes pour les touristes. En effet, les autorités thaïes auraient déclaré que les voyageurs étrangers ne devraient plus être autorisés de se faire tatouer des imageries de Bouddha, lors de leur séjour en Thaïlande car cette pratique ne respecterait en rien la culture du pays.

Le Ministère de la Culture aurait, ainsi, reçu de nombreuses plaintes de la part de Thaïs mécontents et choqués de voir des boutiques de tatouage locales proposer des tatouages de Bouddha et autres représentations religieuses pour des visiteurs qui ne sont pas Bouddhistes. Pour eux, les touristes considéreraient ces portraits comme des symboles non religieux et chercheraient uniquement à suivre une mode. Ils n’auraient, en aucun cas, conscience du besoin de la plus grande majorité des habitants de respecter la religion locale, et ne se rendraient pas compte qu’ils offenseraient hautement les croyants bouddhistes de la nation. Seul, un faible pourcentage des personnes qui se font tatouer un symbole Bouddhiste suivrait cette religion.

Les images de Bouddha sont, il est vrai, très tendance depuis de nombreuses années que ce soit pour les tatouages, mais aussi les vêtements, les objets de décoration, les tableaux… Beaucoup de touristes qui désirent se faire tatouer Bouddha ou des mantras ne comprennent pas la signification d’un tel ornement, ne voyant que l’aspect esthétique, une fois le travail accompli. La Thaïlande est en majorité bouddhiste et les statues et images de Bouddha sont considérées comme des objets de culte sacrés.

Dés lors, le Gouvernement aurait demandé aux tatoueurs de cesser cette pratique. Cela pourrait engendrer un manque à gagner énorme pour un secteur qui est en plein essor avec la venue du tourisme de masse.

Aux professionnels, maintenant, de trouver d’autres symboles pour satisfaire une clientèle de plus en plus exigeante et en demande de souvenirs typiques… à moins que l’appât du gain ne soit plus important que tout.

De nombreux voyageurs seront déçus, mais, peut-être, est-ce un mal pour un bien.

Source : Kohlidays

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